COMMENT PREVENIR LE CANCER DU COLON OU DU RECTUM ?

 

l  Le cancer colorectal (CCR) est un problème de santé publique par sa fréquence et sa gravité.

l  On estime à environ 40.000 le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal dont 65 % sont des cancers du côlon.

l  Selon les données d'autopsie, un tiers de la population est porteur d'un adénome à l'âge de 65 ans. Sur 1000 adénomes, 100 atteindront la taille de 1 cm et 25 deviendront des cancers dans un délai de 10 à 20 ans.


Niveaux de risque

Dans la population, on identifie 3 niveaux de risque de cancer colorectal :

• Le niveau moyen :

Ø  C’est le risque moyen de la population dans son ensemble d'être atteint d'un cancer du côlon ou du rectum avant l'âge de 74 ans : il est estimé à 3,5 %.

 

• Le niveau élevé (situation fréquente) :

Ø  Sujets ayant un antécédent personnel de cancer (ou d’adénome) du côlon ou du rectum

Ø  Sujets ayant un ou plusieurs parents du premier degré atteint d'un cancer ou d'un gros polype : chez ces derniers, le risque est de l’ordre de 5 à 10 % et dépend du nombre de parents atteints et de l'âge auquel la maladie a été découverte chez les sujets apparentés.

 

• Le niveau très élevé (situation rare) :

Il est caractérisé par le risque des sujets appartenant à une famille atteinte de cancers à transmission héréditaire autosomale dominante. On en distingue 2 types :

Ø  Un peu moins de 1 % des cancers colorectaux sont dus à une maladie génétique très rare qui s’appelle Polypose Adénomateuse Familiale (PAF).

Ø  1 à 5 % des cancers du côlon et du rectum sont des cancers héréditaires sans polypose.

 

Prévention primaire : que peut-on faire pour diminuer le risque d’avoir un cancer du côlon ou du rectum ?

 

Rôle de l'alimentation

Ø  La sédentarité et l’obésité augmentent (dans les 2 sexes) le risque de cancer du côlon ou du rectum.

Ø  Le rôle des graisses en particulier du cholestérol est clairement établi et certains aliments sont associés à un risque élevé de cancer colorectal : charcuteries, matières grasses comme le mouton, les abats (foie) et les œufs. L'effet néfaste des viandes rouges et des graisses a été confirmé.

Ø  La consommation de fibres alimentaires contenues en particulier dans les légumes diminue le risque de transformation maligne d’un adénome (étape la plus importante de la cancérogenèse). Le mécanisme le plus important fait intervenir interaction entre fibres, bactéries intestinales et acides biliaires. En effet, les fibres alimentaires sont fermentées dans le tube digestif par certaines bactéries et leur dégradation produit des acides gras à chaîne courte, en particulier le butyrate qui a un effet protecteur sur la muqueuse colique.

 

Les recommandations alimentaires sont donc les suivantes :

         Augmentation de la consommation de légumes 

         Réduction globale des apports caloriques 

        Consommation hebdomadaire de viandes rouges de 300 g maximum 

        Augmentation de l'activité physique.

 

 

Aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens non salicylés

Ø  L'effet protecteur de l'aspirine et des AINS non salicylés est démontré, mais cet effet n'est que suspensif et disparaît à l'arrêt de la prise du médicament.

Ø  Néanmoins, le niveau de preuves est actuellement insuffisant et les effets secondaires potentiels trop importants (hémorragies digestives, hémorragies cérébro-méningées) pour recommander la généralisation de la prise d'aspirine comme méthode de prévention du cancer du côlon ou du rectum.

 

Dépistage : comment détecter les patients à risque de polypes ou de cancer et comment retirer les polypes ?

 

 

§  Dépistage chez les sujets à risque élevé du fait d’antécédents familiaux :

 

Les patients ayant un antécédent familial de cancer du côlon ou du rectum ont 2 à 4 fois plus de risque d’avoir un cancer du côlon ou du rectum au cours de leur vie.

 

Ø  Il est schématiquement recommandé d’effectuer chez ces patients une coloscopie à partir de l’âge de 45 ans.

Ø  La mise en évidence de polypes (tumeurs bénignes précédent dans la majorité des cas le développement du cancer) à la coloscopie doit conduire à leur exérèse par polypectomie endoscopique (voir photographies ci-dessous). Il est démontré que l’ablation systématique des polypes diminue l’incidence (risque de survenue) des cancers du côlon ou du rectum.

                              

 

 

§   Dépistage chez les sujets à risque moyen

 

Ø  Le dépistage du cancer du côlon ou du rectum est possible dans la population générale par la recherche de saignement occulte dans les selles (test Hemoccult II®), mais il doit être proposé par un médecin à son patient dans le cadre de campagnes de dépistage organisées.

 

Ø  Il est fondamental de préciser que ce type de dépistage s’adresse uniquement aux patients asymptomatiques et sans antécédent familial de cancer colorectal.

 

Ø  Lorsqu’il est indiqué le test est réalisé entre 50 à 74 ans et répété tous les 2 ans.

 

Ø  En cas de positivité, le test doit impérativement être suivi d’une coloscopie totale qui met alors en évidence  en évidence un polype ou un cancer dans plus d’1/3 des cas.

 

Polype du côlon dit « sessile » c’est à dire sans pied.

 

 

Polype du côlon polylobé dit « pédiculé » (en forme de champignon).

Polype du côlon dit « pédiculé » (en forme de champignon) enlevé à l’aide d’un instrument appelé anse diathermique.